
Près de cent vingt personnes ont accompagné Amira Al Qerem à la Cour pénale internationale de La Haye, ce lundi 31 août.
Lundi 31 août. Il est 10 h 30 à Lille. Deux autocars, un départ en fanfare aux couleurs de la Palestine. Direction la Cour pénale internationale (CPI) de la Haye (Pays-Bas). Ils étaient quelque cent vingt sympathisants venus des quatre coins de la France, de Belgique et des Pays-Bas, pour soutenir Amira Al Qerem.
Cette jeune Palestinienne a une histoire des plus communes à Gaza. Le 14 janvier 2009, un mercredi soir, le quartier résidentiel de Tal al-Hawa, où loge la famille Al Qerem, est entouré de chars israéliens. Vers 21 heures, Fathi Dawson Al Qerem et ses trois enfants passent la nuit au rez-de-chaussée de leur maison. Avant minuit, une forte explosion retentit, réveillant les enfants, qui accourent à la porte, trouvant leur père mort, allongé sur le sol. Un deuxième tir de char vise Amira et son père, causant de graves blessures à la jambe de l’une et achevant de déchiqueter le corps de l’autre. Au troisième tir, ses deux petits frère et sœur, Ismat et Ala, sont abattus sous ses yeux alors qu’ils allaient chercher les secours.
Dans un état extrêmement faible, la jeune rescapée se réfugie alors dans une maison qu’elle connaissait pour appartenir à un journaliste, Emad Eid, de l’agence palestinienne Man’a, dont la fille était l’amie de sa sœur. Perdant plusieurs fois connaissance et n’ayant qu’une bouteille d’eau pour seul moyen de survie, elle est retrouvée le lendemain par le propriétaire, qui la conduit aussitôt à l’hôpital Shifa pour lui faire subir une série de transfusions.
Le chirurgien Mohammed Salem, un Lillois, l’a vue arriver à l’hôpital. Après des soins intensifs et une opération chirurgicale, il tente de la faire sortir du territoire. Refus de la police égyptienne. Dernier espoir : la Jordanie, où elle peut entrer mais non se faire soigner. Après maints efforts diplomatiques, elle peut enfin venir en France, début août. Au bout de trois semaines de traitements durant lesquelles elle subit une deuxième opération chirurgicale de la jambe, son état s’est « largement amélioré », d’après le Dr Salem, qui l’a suivie durant toute cette période. Cependant, elle souffre toujours du syndrome post-traumatique.


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